Feel : le nouveau réseau social des adolescents qui vise à lutter contre le harcèlement

Feel : le nouveau réseau social des adolescents qui vise à lutter contre le harcèlement
Photo d'illustration
Crédit: Pixabay

21 janvier 2023 à 7h47 par A. L.

À l'heure où le harcèlement scolaire est un véritable fléau, le réseau social "Feel" permet enfin aux adolescents de partager ce qu’ils ont sur le cœur.

Instagram, TikTok, Facebook... Aujourd'hui, la majorité des jeunes passe un temps fou sur les réseaux sociaux. Malheureusement, nombreux sont ceux qui font l'objet d'harcèlement avec son lot d'insultes et de moqueries, comme Lucas, un élève de 13 ans qui s'est tristement donné la mort le 7 janvier dernier après avoir été victime d'homophobie à l'école. Alors que la prévention contre le harcèlement scolaire est plus que jamais d'actualité, Guillaume Vilain, un entrepreneur et ancien enseignant, a élaboré Feel ("ressentir" en anglais, ndlr), une application visant à lutter contre le harcèlement et le mal-être des adolescents.

 

Prévenir le suicide des jeunes

 

Vendue aux écoles pour lutter contre ce fléau, l'application sociale de santé mentale est totalement gratuite et a déjà été téléchargée plus de 20.000 fois. "Avant de me lancer en tant qu’entrepreneur, j’étais enseignant. J’ai personnellement dû faire face au suicide de deux amis. Cela m’a mené à m’intéresser au taux de suicide chez les jeunes, qui est encore beaucoup trop élevé", confie le créateur. "Ce qui m’intéresse vraiment avec mon application, c’est de permettre aux adolescents de s’exprimer et réduire les gestes suicidaires chez les enfants"

Élaborée sur le même modèle qu'un réseau social, l'application Feel invite les jeunes à s'exprimer en toute liberté, de manière anonyme s'ils le souhaitent, et de partager avec les autres utilisateurs leurs émotions, victoires, échecs et autres moments de vie en toute bienveillance. Les adolescents peuvent également se servir de Feel pour signaler une détresse psychologique. "On demande toujours à l’utilisateur ce qu’il veut ou ne veut pas faire, si l’on peut en parler à la direction de son école ou à ses parents. Notre but est vraiment d’accélérer les démarches et aider le jeune à avoir à nouveau confiance en lui", explique Guillaume Vilain.

Âgés entre 12 et 25 ans, 70% des utilisateurs sont des filles. "Les garçons sont encore hyper réservés, et pour les avoir, je pense qu’il faut vraiment travailler avec du coaching mental. Il faut leur montrer que les footballeurs ou les acteurs de haut niveau se font coacher par des coachs à 600€ l’heure, mais qui passent du temps à écouter leurs émotions, leurs sensations, leurs besoins", lâche l'entrepreneur.

Aujourd'hui, une école française et trois établissements belges ont déjà signé un contrat avec Feel. La start-up a bon espoir d'étendre son réseau dans les mois à venir.